Quand les MOOC deviennent payants, le web en perd son latin

Les MOOC, c’était cette belle idée venue du pays de l’Oncle Sam qu’on allait mettre à portée du plus grand nombre un savoir élitiste. Portés par les plus prestigieuses universités américaines dont l’évocation du nom suffit à faire rêver (Stanford, Harvard…), les MOOC se sont répandus comme une trainée de poudre partout dans le monde.

En quelques années, le concept de MOOC a beaucoup évolué : modèle économique, cible, stratégie, producteur… On assiste à une redéfinition complète du concept initial.

SPOC, COOC…. Les MOOC ont fait des petits

Rapidement, un certain nombre de start-up se sont dit que le format MOOC pouvait évoluer pour s’adapter au monde de l’entreprise. C’est comme ça que sont nés les SPOC et les COOC.

Les SPOC sont des cours en petit groupe. On retrouve ici le concept de “classe” plus traditionnel. L’objectif du SPOC est d’offrir un véritable encadrement de la part des formateurs, chose qui est impossible dans un vrai MOOC qui peut compter plusieurs dizaine de milliers d’inscrits. Pour en savoir plus, vous pourrez par exemple consulter l’offre de la start-up Unow ici.

Bien sûr, ce format est payant. Comptez entre 200 et 400 euros pour une session.

Les COOC sont une version “Corporate” des MOOC. En français, on dit “MOOC d’entreprise”. J’ai du mal à vous donner une définition exacte de ce terme tant j’ai vu de choses. Des cours produits par des entreprises pour leurs salariés (donc fermés au grand public) au cours proposé par un tiers à destination des entreprises.

J’aimerais ici m’arrêter sur un COOC en particulier qui m’a fait réagir, celui sur la Blockchain : http://www.moocblockchain.com/
J’ai d’abord été assez enthousiaste quand j’ai vu qu’un MOOC était disponible sur ce sujet. Tout le monde parle de cette technologie disruptive qui va tout balayer sur son passage et révolutionner la société… enfin, d’après ses aficionados. En tout cas, tout le monde en parle.

Et puis, on m’a soufflé sur Twitter que le MOOC était payant (et même cher) et que le nombre de place était limité : 500 places pour 299 euros TTC.
Suite à un échange sur Twitter toujours, le producteur de ce MOOC m’a dit en substance… “Chère madame, vous ne comprenez pas. C’est un COOC… un MOOC d’entreprise parce que C comme Corporate… Entreprise en français”.

Revenons à la définition de MOOC… celle qui s’applique aux cours que vous trouverez sur FUN, Coursera et cie :

  • Massive = Le nombre de place n’est pas limité.
  • Open = … en fait, j’ai pas besoin d’en dire plus.

Maintenant revenons à la définition de SPOC :

  • Small Private = Cours en groupe limité et fermé.

Bah voilà, chers amis de Blockchain France, comme Unow vous faite un SPOC destiné aux entreprises. Si ça vous plait de l’appeler COOC ensuite, libre à vous. Mais pas MOOC, s’il vous plait.

Mon propos n’est pas ici de remettre en cause le contenu et la qualité de ce cours. D’ailleurs, je vous invite à visionner le teaser sur la page d’accueil. Le cours a l’air vraiment bien pensé et très poussé pour ceux qui veulent miser sur cette technologie. D’ailleurs, il est porté par Learn Assembly, entreprise qui a fait ses preuves dans son domaine.

Vers des MOOC payants ?

Avec l’arrivée des producteurs privés sur le marché (j’entends autre que les grandes écoles et autres acteurs de l’éducation), le MOOC s’est hybridé. Les MOOC de Rue 89 (site d’informations en ligne) sont gratuits mais proposent une semaine facultative qui est payante.

Les MOOC “ABC de la Gestion de Projet”, tous les cours de Coursera et certains MOOC de Fun proposent de payer une quarantaine d’euros pour avoir une certification avec identité vérifiée que vous pourrez afficher fièrement sur votre CV en ajoutant “Je peux apporter la preuve que c’est bien moi !”

Puis, les MOOC sont devenus payants. Le MOOC sur l’innovation managériale du groupe POULT coutait 19 euros à l’inscription. Somme modique s’il en est pour 6 semaines de cours.

Le dernier en date est le MOOC de l’École Polytechnique au tarif de 254 euros pour 4 semaines de cours sur la négociation salariale, sur la plateforme Coursera.
Ici, le tarif me semble clairement très élevé pour apprendre à négocier son salaire. Vaut mieux pour vous que ça marche parce que si vous obtenez 5 euros par mois…
Je me suis même demandé si le prix était pas si élevé afin de s’adresser à une classe sociale qui corresponde au type de profil que forme Polytechnique, c’est-à-dire cadres supérieurs et ingénieurs. Je pense que c’est ça. Parce que je ne vois pas un employé modeste et ordinaire payer si cher pour ça.

Vers la fin des MOOC ?

Si les grandes plateformes FUN, Coursera et EdX restent majoritairement composées de cours gratuits et accessibles, on ne peut que remarquer une véritable évolution vers un modèle payant… d’une manière ou d’une autre. Je ne défendrai pas bec et ongle le modèle du MOOC gratuit et ouvert à tous. J’espère qu’il perdura pour laisser à tous la possibilité d’accéder à la connaissance sans sortir sa carte bleue.

Je trouve normal que le modèle évolue et que les entreprises adaptent ce format à leurs exigences et à leurs besoins. C’est même un signe que les MOOC ont réussi à faire évoluer la formation professionnelle et continueront à faire bouger des codes obsolètes.

Mais je tiens à ce que les terminologies soient utilisées à bon escient. Un MOOC est un MOOC et si vous faites un cours fermé et payant…vous faites un SPOC. Et peut-être que demain, on inventera un autre acronyme pour désigner un autre modèle de cours issu du MOOC.

Les MOOC ne disparaissent pas, ils se réinventent.

 

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Le temps des déceptions…

Après avoir fait plusieurs MOOC très bien faits et qui m’ont beaucoup apporté, mes choix se sont portés vers d’autres MOOC qui dès le début m’ont passablement déçus. Je vise 2 MOOC en particulier :

  • Le MOOC de Pôle-Emploi “Construire son projet professionnel”
  • Le MOOC de l’École Normale Supérieure “Droit international et droit comparé : Regards croisés”.

Ce billet a pour but d’expliquer pour ces MOOC m’ont déçus et pourquoi je les abandonne en cours de route.

Le MOOC de Pôle Emploi : Un contenu trop superficiel et parfois simpliste

Il y a des MOOC que l’on attend avec une impatience mêlée d’appréhension. L’annonce des MOOC made in Pôle-Emploi ont fait cet effet là à toute la communauté des MOOCeurs. Pourquoi cette attente ? Les MOOC sont un phénomènes récent parfois plébiscité et parfois décrié par les puristes. Pour ma part, je fais partie de ceux qui sont convaincus que ce format a un potentiel énorme en matière de formation. Il peut s’adapter à différents profils et différents objectifs. Ainsi, je fais partie de ceux qui plaident pour que les meilleurs MOOC français soient reconnus par l’État et soutenu au titre de la formation professionnelle. C’est dans ce contexte d’ébullition que sont apparus les MOOC de Pôle-Emploi. C’est d’abord une très bonne nouvelle car c’est la preuve que le phénomène est assez ancré pour qu’un établissement public de dimension nationale comme Pôle-Emploi s’y intéresse. C’est ensuite une note d’espoir car on peut espérer que les MOOC continuent leur ascension dans les hautes sphères et soient plus largement utilisés et reconnus. Les MOOC lancés par Pôle-Emploi entre fin avril et début mai sont les suivants :

  • Construire son projet professionnel
  • Organiser sa recherche d’emploi, trouver et sélectionner des offres
  • Réussir son CV et sa lettre de motivation
  • Réussir son entretien d’embauche et relancer l’employeur

Le MOOC a débuté le 20 avril et se déroule sur 4 semaines.

Il s’organise autour des éléments suivants :

  • Des vidéos
  • Des quizz
  • Un forum

 Les thèmes abordés sont les suivants :

  • Identifier ses compétences
  • Quels sont mes intérêts professionnels
  • La faisabilité du projet
  • Définir ma stratégie professionnelle et mon plan d’action

L’impérieuse nécessité de l’accompagnement des demandeurs d’emploi : Le chômage est aujourd’hui un fléau national. Rares et chanceuses sont les personnes n’ayant pas connu de période de chômage. Les chiffres divergent sur le poids du chômage, mais on l’estime grosso-modo à 10% de la population active. L’institution chargée de la gestion des demandeurs d’emploi qu’est Pôle-Emploi est largement débordée par ce flux ininterrompu de demandeurs d’emploi de profils très diversifiés. Des conseillers Pôle-Emploi m’ont avoué être devenus incapables d’accompagner individuellement tout le monde et que l’accent était mis sur les personnes les plus éloignés de l’emploi (personnes en chômage de longue durée ou ayant un besoin important de formation notamment). Cette stratégie, qui peut se justifier, laisse derrière elle des dizaines de milliers de personnes. Les MOOC deviennent alors un outil très intéressant et très puissant pour toucher un public très large qui ne serait pas du tout ou pas suffisamment accompagné.

Pourquoi le MOOC “Construire son projet professionnel” est un pétard mouillé :

  • Un contenu superficiel : Si les vidéos sont plutôt de bonne facture et l’intervenant clair, les sujets ne sont pas poussés. La première semaine sur les compétences comporte 2 vidéos de 5 minutes donnant une définition très basique des compétences et une méthodologie pour arriver à les matérialiser dans son CV. Je reste sur ma faim. Pas d’interview de professionnels sur les compétences alors qu’il y a plein de choses à dire : Quelle importance un RH accorde aux compétences sur le CV ? La meilleure façon de les formuler et de les mettre en valeur dans son parcours…
  • Des interviews mal placés et mal calibrés : La semaine 2 contient des interviews de professionnels. Les vidéos durent une dizaine de minutes. J’ai du mal à rester accrochée. C’est intéressant mais le propos est assez général. Les personnes se présentent plutôt longuement, puis parlent du projet professionnel dans son ensemble pour finalement parler du thème de la semaine (les intérêts professionnels). Il aurait été plus intéressant de garder ses personnes dans une interview longue qui aurait été découpé en fonction des thèmes du MOOC.
  • Pas d’activités : Le MOOC propose des quizz mais je regrette qu’il ne propose pas des activités plus poussées basées sur la correction par les pairs et l’échange. Le forum de ce que j’ai pu en voir fonctionne doucement. Il n’est pas noyé sous les participations et je vois dans les posts beaucoup de détresse et de personnes en difficultés qui auraient besoin d’un accompagnement de fond bien au-delà du MOOC.

Au bout de ces 2 premières semaines, j’ai une impression d’ennui assez profonde en suivant ce MOOC. Je m’ennuie devant ces vidéos. J’ai la chance d’être déjà bien accompagnée par des structures associatives spécialisées dans l’emploi et le contenu de ce MOOC est en deçà des connaissances que j’ai déjà sur le sujet et je n’arrive pas à approfondir. Je ne poursuis donc pas sur la semaine 3 et ne vais pas non plus sur les autres MOOC de pôle-emploi. Il est fort dommage que Pôle-Emploi n’ait pas mis le paquet sur ces MOOC pour faire quelque chose de fouillé.

Le MOOC de l’École Normale Supérieur : Droit international et droit comparé
Un MOOC sans réflexion sur le format

 Il y a assez peu de MOOC portant sur le droit en français. Et dès que j’en vois un j’essaie de le suivre. En même temps, la matière me parle puisque je suis juriste de profession. C’est donc avec enthousiasme que je me lance dans le MOOC de l’ENS sur le droit international. Ma déception est ici aussi immédiate. Il y a 3 vidéos pour la semaine 1, 3 autres pour la semaine 2. Chaque vidéo fait entre 20 et 30 minutes. Au bout d’une minute trente, j’ai déjà l’impression que la personne face caméra récite un chapitre de livre. Le propos est assez linéaire, peu vivant et ne donne pas vraiment envie de se farcir 30 minutes de vidéos. En plus, l’enseignant parle assez vite, ce qui transforme la prise de note en une tâche très fastidieuse où j’ai constamment la main sur la souris pour mettre la vidéo en pause. Je m’attendais à ce qu’une institution ayant le prestige de l’ENS propose quelque chose de mieux, mais j’ai l’impression que ce MOOC a plutôt été fait pour faire un MOOC et pour être dans le vent, sans analyse de ce qu’est vraiment un MOOC, sans réflexion sur l’éventail des possibilités que ça ouvre sur le plan pédagogique et sur la façon de rendre plus fun une matière aussi complexe que le droit international.A titre d’exemple, le MOOC sur le droit des sociétés de l’université Paris Sorbonne animé par Bruno Dondero est un très bon MOOC avec un vrai travail sur le fond et la forme. J’ai suivi la première édition sur FUN et j’avais eu un vrai plaisir tout au long du MOOC.

Du coup, je ne suivrais pas plus ce MOOC sur le droit international. J’ai assez peu de temps en ce moment pour les MOOC et je suis donc contrainte de privilégier et les MOOC plus faciles et plus agréables à suivre. Dommage pour l’ENS qui va devoir revoir sa copie si elle souhaite poursuivre dans la production de MOOC.

MOOC “Devenir entrepreneur du changement” : Un MOOC pour changer le monde ?

Je passe assez rarement sur la plateforme américaine Coursera. Mes habitudes sont plus sur FUN. La dernière fois que j’y suis passée, j’ai repéré le MOOC de HEC “Devenir entrepreneur du changement”. L’intitulé et le programme paraissant assez énigmatique, je m’inscris.

Organisation du MOOC

Le MOOC s’est déroulé du 24 février au 14 avril sur la plateforme Coursera.

Il s’organise autour des éléments suivants :

  • Des vidéos de cours
  • Des quiz
  • Des exercices hebdomadaires
  • Un forum
  • Des lives hebdomadaires

C’est, à ma connaissance, la première édition de ce MOOC.

Le déroulement du MOOC

Le MOOC dure 7 semaines et s’articule autour des thématiques suivantes en suivant un U :

  • S’inspirer : Comment chacun peut devenir entrepreneur du changement
  • Comprendre les enjeux, comment identifier des opportunités dans les problèmes du monde
  • Découvrir son potentiel, comment trouver sa propre voie d’entrepreneur du changement
  • Générer des idées, comment construire son projet à partir de sa mission sociale
  • Agir dans la durée, comment construire un modèle économique pérenne
  • Gagner en impact, comment s’outiller pour implanter son projet
  • Se lancer !

Le MOOC est co-construit et co-animé par HEC et l’association Ticket For Change dont l’objectif est de susciter des vocations en matière d’entrepreneuriat social et d’accompagner les porteurs de projet.

2 parcours sont proposés pour suivre le MOOC :

  • Parcours explorateur : Pour réussir ce parcours, il faut obtenir au moins 60% de réussite aux quiz et rendre au moins 1 devoir. Un bonus de 5 points est attribué si 3 devoirs sont rendus. La note minimale à obtenir pour valider le MOOC est de 50/100.
  • Parcours entrepreneur : Pour réussir ce parcours, il faut obtenir 40% de réussite aux quiz et rendre au moins 4 devoirs. Un bonus de 5 points est octroyé si 6 devoirs (voire 7 !) ont été rendus. Les 4 meilleurs notes seront conservées.

Cela dit, quel que soit le parcours que vous suivez, Coursera ne délivre pas d’attestation de réussite. Il n’y a que l’attestation authentifiée, qui coûte une cinquantaine d’euros.

Un MOOC novateur pour changer le monde

Ce MOOC constitue une expérience unique, un vrai remède à la morosité ambiante. Une preuve que tout le monde, à partir de rien, peut construire un projet au service de la société.
Le MOOC est jalonné de témoignages d’entrepreneurs, de pionniers, dont un certain Muhammed Yunus, créateur de la première banque de micro-crédit au Bangladesh. Action qui lui a valu le Prix Nobel de la Paix en 2006. Ces personnes partagent leurs expériences, leurs réussites mais aussi leurs échecs.
Pour vous dire la vérité, j’ai vécu dans ce MOOC une des expériences les plus fortes depuis que je fais des MOOC. J’étais sceptique au début et je me suis laissée prendre au jeu malgré l’engagement nécessaire puisque j’ai rendu 6 devoirs sur 7 en continuant ma réflexion sur l’insertion des jeunes diplômés.

Ici, il ne s’agit pas d’apprendre quelque chose, ni de transmettre un savoir. Ici il s’agit d’apprendre à dépasser ses peurs et ses réticences pour prendre conscience que chacun, à son échelle, peut faire avancer une cause qui lui tient à cœur et qui peut profiter aux autres.

Les bons points du MOOC “Entrepreneur du changement”

Un souffle d’énergie positive : Il n’est pas nécessaire d’être diplômé de grandes écoles, d’avoir de l’argent ou un nom prestigieux pour s’engager et faire quelque chose. Il suffit d’y croire plus que tout et de ne pas avoir peur de travailler, de donner de soi pour aller de l’avant. Si je ne devais retenir qu’une chose de ce MOOC, c’est bien cela.

Des témoignages bien choisis : Les vidéos sont assez courtes et il y a très peu de cours. Je pense qu’il y a environ 20% de cours pour 80% de témoignages. Ce qui me fait dire que le propos du MOOC n’est pas tant de transmettre un savoir, ou même des outils, mais bien de donner envie de donner un grand coup dans l’immobilisme. Les personnes qui témoignent ont des profils très différents et sont à l’origine de projet très différents. Ainsi, il n’est pas difficile de se sentir proche d’eux et de se dire que si eux ont réussi à mettre en place leur projet, pourquoi pas nous !

Un apprentissage qui commence par soi : Apprendre à se connaitre soi-même pour trouver l’énergie nécessaire à la construction de projets, toujours être accord avec soi-même. Voici le deuxième enseignement de ce MOOC. Pour cela, HEC et Ticket For Change nous donne plusieurs méthodes permettant de faire une introspection. Savoir qui l’on est pour donner un sens à sa vie et développer son propre projet est peut-être une clé du bonheur. Longtemps, j’ai développé et porté les projets et les idées des autres et il n’y a rien de plus non-motivant. Quand bien même on adhère à ces projets, on se demande assez vite pourquoi et pour qui on fait tout ça et à la première difficulté, le projet se transforme en boulet. Pour moi, trouver ce que j’ai vraiment envie de faire (moi et pas un autre), a donc une signification particulière.

De bons outils : Je retiendrais la construction du blason, de la ligne de vie, du canevas pour le business model ou de l’excellent cours sur la construction d’un pitch pour vendre son projet.

Des activités très intéressantes : Les activités ou devoirs à rendre étaient toujours très intéressants à faire et permettaient de construire son projet étape par étape. De la définition de votre mission sociale jusqu’à la présentation vidéo en passant par votre business model, le MOOC permet une simulation très intéressante. La correction par les pairs a été un moment très enrichissant qui permettait de voir les projets des autres. J’ai découvert de beaux projets et j’espère que leurs porteurs pourront aller loin. J’ai aussi pu récupérer de précieux feedbacks pour l’idée que j’ai développé durant tout le parcours. Par contre, chaque semaine était une course : entre l’évaluation par les pairs à faire et le devoir à rendre, il n’a pas toujours été facile de trouver le temps.

Des échanges riches : Le forum s’est avéré être un lieu d’échanges et de débats riches et intéressants.

Au-delà du MOOC : Les producteurs ont mis en place de nombreux outils pour permettre aux MOOCeurs de se rencontrer et de faire sortir le MOOC de son espace virtuel. Sur facebook, des communautés rassemblant les participants d’une même ville ou d’un même département se sont créés et des rencontres ont ainsi pu être organisées. Des activités ont été proposés via MakeSense et Enactus (partenaires du MOOC), mais je n’ai pas plus d’informations sur ces événements. Mais tout au long du MOOC, j’ai senti sur les réseaux sociaux une vraie volonté de partage et de rencontre de la part des participants.

Des prix pour les nouveaux entrepreneurs du changement : La cerise sur le gâteau de ce MOOC est l’organisation d’une remise de prix où un certain nombre de projets seront mis en valeur et recevront l’appui des partenaires du MOOC. Cette initiative est, à mon sens, unique dans le monde des MOOC francophones. D’ailleurs, les participants ne s’y sont pas trompés puisque la dernière communication officielle d’HEC/Ticket For Change fait état de 400 projets soumis pour obtenir un des prix mis en jeu. Impossible pour moi de suivre la soirée compte-tenu de mon agenda mais j’essaierai de voir ça en replay un peu plus tard.

Les mauvais points du MOOC “Entrepreneur du changement”

Difficile pour moi de trouver des mauvais points à ce MOOC. Il est bien pensé, bien construit, agréable à suivre et pour moi l’objectif est largement rempli.

Si je devais être tatillonne, je dirai que les cours sont assez peu (trop peu ?) présents et je conseillerai aux participants de consolider les acquis de ce MOOC en suivant d’autres MOOC comme “ABC de la gestion de projet” de Centrale Lille pour apprendre les fondamentaux de la gestion de projet (Ô combien utile pour un projet entrepreneurial) et le MOOC “Effectuation” de l’EM Lyon (une vision différente et motivante de l’entrepreneuriat).

Conclusion

Je ne peux que conseiller ce MOOC à tous, sans distinction, même si ceux qui n’ont pas de projet social pourront se sentir un peu largués par le cours. C’est une expérience vivante et unique qui donne la pêche. J’espère qu’il y aura une saison 2.

MOOC “Du manager au leader” : La recette pour fabriquer un manager idéal

Voilà des mois que j’évolue dans un univers de managers, de directeurs commerciaux, de chefs de projets et autres intitulés de poste parfois plus pompeux qu’autre chose. Le management est partout et on peut parfois avoir à manager sans avoir le fameux titre de “manager”.

Dans ma carrière (qui n’est pas très longue je l’avoue), j’ai eu l’occasion de rencontrer différents types de managers. Souvent, des personnes propulsés à des postes de management par voie de concours (fonction publique) ou de promotion interne mais qui n’avaient pas de formation sur le sujet.
C’est donc un sujet qui m’intéresse vraiment, autant pour ma progression de carrière que pour comprendre le monde qui m’entoure et les gens que je fréquente.

Le MOOC du CNAM “Du manager au leader” est un MOOC dont j’entends parler depuis plusieurs mois. J’ai lu un certains nombres de retours de MOOCeurs. Certains l’ont trouvé très bien, d’autres trop basique ou trop théorique. Mais je tiens à me faire mon avis et à voir de mes propres yeux Cécile Dejoux, qui est une sorte de star des MOOC francophones avec Rémi Bachelet de l’École Centrale de Lille.

Organisation du MOOC

Le cours s’est déroulé du 15 février au 15 avril (il est donc toujours ouvert à l’heure où j’écris ces lignes). Il s’organise de la façon suivante :

  • Les vidéos
  • Le forum
  • Les quiz hebdomadaires
  • Le quiz final
  • Les lives hebdomadaires

C’est la deuxième édition de ce MOOC. Il s’en déroule une par an. Le MOOC est assez souple à suivre car tout les quiz sont calés sur la date de fin MOOC. On peut donc vraiment le suivre à son rythme sans se poser la question qui fâche : “Mince, je suis débordée cette semaine, comment je vais faire pour suivre le MOOC ?”. L’avantage ici est donc que la réponse est : “Pas grave, je rattraperai la semaine prochaine” au lieu de “Tant pis, je laisse tomber” ou “Tant pis, je vais me coucher plus tard que prévu”.

Les vidéos sont sous-titrés en anglais, ce qui permet d’attirer des personnes du monde entier sans barrière de la langue.

Le déroulement du MOOC

Les 6 semaines du MOOC présentent les différentes facettes du métier de manager. La première s’intéresse au métier de manager, la dernière semaine au leader. Du manager au leader… la boucle est ainsi bouclée.

En détail, cela donne :

  • Le métier de manager
  • Décider
  • Motiver
  • Développer les talents
  • Digitaliser le management
  • Devenir un leader

Le MOOC est animé de bout en bout par Cécile Dejoux, enseigante au CNAM.

Un MOOC pour comprendre le management

Le management évolue avec le temps. On a souvent l’image du manager qui impose et qui fait faire et du leader charismatique. Je n’avais pas d’a-priori en commençant ce MOOC mais j’en ressort avec une nouvelle vision des choses. J’ai le souvenir de situations professionnelles où je m’étais dit que les personnels étaient quand même pas très impliqués dans leur boulot et pourraient en faire bien plus. Ce MOOC m’a permis de réaliser que le problème venait d’un management désastreux et que tout le cours collait à la situation.
J’ai ainsi acquis certaines convictions : le management s’apprend, les outils du management s’apprennent. Mais il y a aussi une part d’inné. Être manager c’est une question de personnalité. Il faut être empathique, s’intéresser aux autres et avoir envie de co-construire. Il ne s’agit pas seulement de donner des directives depuis une tour d’ivoire et de vérifier froidement que le travail est fait. J’ai malheureusement été confronté à ce type de cas. Ce qui me fait dire que certaines personnes ne pourront jamais être de bons managers, quand bien même elles suivraient ce MOOC 20 fois.

Les bons points de ce “MOOC LEAD”

Les interviews : Chaque semaine est composée de plusieurs vidéos de cours et se termine par l’interview d’un manager d’entreprise. Des personnalités assez variées, des hommes et des femmes qui font part de leur expérience, de leur vision du métier de manager, de la façon dont le métier évolue avec le numérique…
Un regard très professionnel qui complète bien les propos théoriques du cours de Cécile.

Les lives hebdomadaires : Pierre (community manager et organisateur des lives de son état) et Cécile font le show. Cécile répond aux questions posées par les internautes. Chose que je n’avais pas vu avant dans d’autres MOOC, il est possible de s’inscrire auprès de Pierre pour être en direct avec Cécile pour interagir ou poser une question. Pour l’anecdote, nous avons même pu entendre une incroyable chanson interprétée par l’un des participants au MOOC en direct sur Google Hang-out.

La construction des sessions de cours : Chaque section de cours se divise en 4 temps :

  • La vidéo de cours
  • Un quiz sans notation qui permet de vérifier qu’on a bien compris les points de cours
  • Une incitation à participer au forum et un rappel des points clés du cours par Cécile Dejoux.
  • Un formulaire d’évaluation de la séquence

J’apprécie non seulement le quiz sans notation mais aussi le rappel des points clés.

Le forum : Espace vivant et dynamique bourré de témoignages de managers et de managés, autant de bonnes pratiques que de questions et de difficultés. Difficile de tout lire mais tellement riche.

Les cours : Un petit mot sur les cours. De bonnes qualités techniques mais aussi pédagogiques. Les vidéos sont assez courtes ce que je trouve appréciable. Le cours est très intéressant, Cécile Dejoux est une excellente pédagogue et arrive à expliquer des choses à première vue complexe avec des mots simples.

Les quiz : Il y a un quiz de 6/7 questions par semaine. Un quiz final de 15 questions vient clore le cours. Les quiz sont intéressants car mêlant des questions de cours et de courtes mises en situation. Le quiz final est par contre décevant : trop court, questions assez faciles, pas de mises en situation… Le format du cours se prêterait très bien à une étude de cas sur le modèle de ce qu’à fait l’Ecole Française de Comptabilité avec son MOOC RH (analyse de ce MOOC ici), avec des réponses libres ou un quiz.

Les mauvais points de ce “MOOC LEAD”

Un peu de diversité dans les interview ? Alors, on a très bien compris que le CNAM avait assez d’aura pour faire venir des managers des plus grosses entreprises françaises et internationales : Sony, UGC, Loréal, Microsoft, Alcatel… une avalanche de noms aussi prestigieux les uns que les autres. C’est très bien et comme je l’ai dit plus haut, les témoignages de ces personnes sont de grandes valeurs. Mais j’attends dans ce MOOC un peu plus de diversité : des managers de PME, de TPE, des managers de la fonction publique (ou des fonctions publiques pour être exacte)…
La France compte plus de 5 millions de fonctionnaires et 3.1 millions de PME (Source). Il me semble donc très intéressant d’ouvrir les horizons du cours vers ces univers là qui ont des problématiques spécifiques.

Ressources complémentaires : Assez peu de ressources complémentaires dans ce MOOC. Cécile Dejoux est l’auteur d’un petit livre récapitulant le cours et que tout les participants sont incités à acheter. Pourquoi pas ? Je vais sûrement moi-même le commander. En dehors de ça, une page nous présente une liste de livre en français et anglais. Il n’y a pas de ressources sur internet qui seraient intéressantes et gratuites ? Parce que les livres, ça finit par être couteux quand même.

Conclusion

Le MOOC RH de l’EFC avait commencé à parler de management. Avec ce MOOC, je complète ma formation. Ce MOOC permet de faire tomber les clichés sur le manager et sur le leader (exit charisme et autorité naturelle, sorte de gourou de l’entreprise). Le cours permet de prendre conscience de la richesse du métier de manager mais aussi de son niveau de difficulté : Être à l’écoute, savoir décider, savoir se remettre en question, savoir être exemplaire… Moi qui ne suis pas manager, j’en viens à me demander comment le manager peut arriver à tout faire en même temps. Enfin, le manager est aussi conditionné par la culture de son entreprise. Et j’ai vu à travers le forum que certains managers voudraient faire bien plus mais étaient bloqués par leur hiérarchie.  Certaines pratiques managériales ont encore du mal à rentrer dans certains types d’entreprises. Ce qui est fort dommage.
Convaincre de l’utilité à moyen-long terme de certaines démarches est parfois un parcours du combattant face à des dirigeants d’une autre génération où on ne posait pas tant de questions.

Sur ce point là, j’apprécie particulièrement la dernière semaine sur le digital qu’on pourrait renommer “Management de la génération Y”, cette fameuse génération que les managers ne savent plus gérer et vue comme une bande fainéants. En réalité, on voit ici que la génération Y pousse à une révolution des pratiques et qu’avec des comportements adaptés, tout le monde peut travailler ensemble.

Je finis ce MOOC, riche de nouvelles connaissances, presque déçue de ne pas pouvoir les mettre en pratique dans ma vie professionnelle. Je commence le mois prochain une formation de 2 mois en présentiel sur le management, la gestion de projet et la communication.
Je suis très curieuse de voir quels seront les points de convergence et les points de divergence entre ces 2 cours.

Je serais sûrement sur les rangs pour suivre la session 3 en 2016.

Pour en apprendre plus sur le MOOC et Cécile Dejoux, je vous invite à lire cette interview de Cécile par Jocelyne Turpin “Miss MOOC” sur son blog.

Le MOOC “Ressources Humaines” : Une porte d’entrée vers un métier méconnu

Le responsable ressources humaines, pour moi, c’était la personne qui s’occupe de la paie, la personne qu’on appelle quand on veut prendre des vacances, et la personne qui participe au recrutement dans l’entreprise.
Début janvier je suis tombée sur la publicité du MOOC de l’Ecole Française de Comptabilité sur les ressources humaines. Je n’avais jamais entendu parler de cette structure avant comme ce n’est pas mon métier, mais je suis curieuse d’en apprendre plus sur les ressources humaines. Je m’inscris donc.

Organisation du MOOC

Le MOOC a débuté le 12 janvier et s’est étendu sur 6 semaines. La semaine du 12 au 19 janvier a été une semaine introductive. Les cours ont vraiment débuté le 19 janvier.

Il s’organise de la façon suivante :

  • Les vidéos de cours
  • Les quizz hebdomadaires
  • Le forum
  • Le laboratoire

C’est la toute première édition de ce MOOC.

Le déroulement du MOOC

Chaque semaine traite une thématique liée aux ressources humaines. Les cours sont des interviews de professionnels menés par l’animateur du MOOC.

Les thématiques sont les suivantes :

  • La conduite de l’entretien d’embauche
  • S’affirmer en situation professionnelle
  • Manager une équipe
  • Gérer le temps, le stress : l’efficacité professionnelle
  • Approfondissements : les entretiens

Le MOOC est animé par Johnny Schwertzig. Il réunit autour de lui les intervenants suivant :

  • Laetitia Valli, Coporatys Conseil en recrutement (semaine 1)
  • Sandrine Bernard, Psychologue clinicienne (semaine 2)
  • Jean-Jacques Monthlahuc, Team builder, formateur et conférencier, coach (semaine 3)
  • Claire Gounon, Chargée de ressources humaines (semaine 4)

Le cours de la semaine 5 est assuré par Johnny Schwertzig lui même. La semaine 6 est consacré à l’examen final.

Un MOOC pour appréhender l’univers des ressources humaines

En m’inscrivant au MOOC, j’avais peur qu’il soit destiné aux professionnels du secteur. La première semaine allait d’ailleurs dans ce sens en présentant l’entretien de recrutement du point de vue d’un RH qui doit recruter. Mais jamais le propos n’a été trop technique ou hors de portée d’un néophyte. Je note une vraie réflexion sur le cours, sa cohérence d’ensemble et la façon de construire un propos le plus riche et le plus simple possible.

Les thématiques sont très variées et touchent autant le recrutement que le management. J’apprends ainsi que le responsable des ressources humaines doit aussi être un manager dans l’âme et prendre en compte de nombreuses problématiques touchant l’entreprise et ses salariés. Un métier donc bien plus riche que ce à quoi je m’attendais.

Le forum du MOOC marche bien et même si je n’y ai que très peu participé, les échanges et les témoignages que j’ai pu y lire étaient très intéressants.

Les semaines se sont enchainées très vite, car le MOOC est enfermé dans des délais à respecter. Une fois la semaine lancée, vous avez 7 jours pour visionner les cours et remplir le QCM. Si les cours sont toujours disponibles par la suite, il deviendra impossible de faire le questionnaire passé le délai.
Suivre le cours demande donc une organisation plutôt rigoureuse et un travail très régulier.

Les bons points du “MOOC RH”

La plateforme de cours : Ni Canvas, ni FUN, ni Coursera… L’EFC s’affranchit des “distributeurs” habituels de cours pour proposer son MOOC sur sa propre plateforme. Cela peut avoir l’avantage d’éviter les inconvénients de ces plateformes (aucune n’est parfaite) mais présente le danger de ne pas bénéficier de leur expertise.
Or, force est de constater que la plateforme proposée par l’EFC est vraiment très bien fichue.
L’organisation du site est très claire. La page d’accueil rappelle le programme du MOOC. Une même page est dédiée à chaque semaine de cours où l’on trouve les vidéos, les objectifs pédagogiques, les ressources complémentaires, le lien vers les exercices à faire, le lien vers le forum…
Une page appelée “Tableau de bord” permet de se visualiser dans le déroulement du MOOC et de savoir si l’on peut toujours décrocher le certificat de réussite..
Un excellent point pour ce MOOC qui donne envie de se lancer dedans et qui permet à tout moment de s’y retrouver, de savoir où l’on en est, de suivre facilement le cours…

Les vidéos de cours : Les vidéos sont hébergées sur Youtube et s’affichent sur la page de cours. Elles sont de très bonne qualité technique. Les interviews sont menées par Johnny Schwertzig qui apparait à l’écran. Elles sont bien cadrées et les intervenants ont un bon débit de parole, ce qui permet de prendre aisément des notes sans faire pause sur les vidéos. Par ailleurs, Johnny Schwertzig anime les interviews avec le souci de donner aux apprenants des clés simples et applicables rapidement pour se saisir du cours dans sa vie professionnelle de tous les jours. Ce que j’ai beaucoup apprécié.
Les vidéos ne sont ni trop longues ni trop courtes, les intervenants sont pertinents et les interviews bien menées. Que dire de plus ?

Les quizz : Chaque semaine se conclue par un quizz qui comporte en moyenne une vingtaine de questions.
Les questions n’étaient pas forcément évidentes et demandaient un temps de réflexion. Il était possible de recommencer le quizz 1 fois (2 tentatives donc). La correction du quizz était accessible un fois qu’on avait fait les 2 tentatives ou que la première a donné satisfaction.

Les ressources complémentaires : Elles n’ont pas été oubliées et ont toujours été assez riches. Elles permettaient d’enrichir le cours avec des sujets connexes non traités dans la vidéo ou des outils se rapportant directement à ce qui était traité dans la vidéo. Chacun étant ensuite libre de les lire toutes ou pas en fonction du temps dont il dispose. Je n’ai pas pu toutes les lire mais je me suis constitué un dossier dans pearltrees pour les garder sous le bras et y revenir plus tard.

Le laboratoire : Voilà LA bonne idée de l’EFC. La laboratoire se présente comme un espace sur le forum où chacun peut proposer une thématique liée aux RH qu’il a envie de développer en équipe. Beaucoup d’idées ont été proposée, souvent très intéressantes et aux prises avec les réalités du terrain. L’EFC a attribué une feuille de travail Google docs à chaque porteur de projet. Les meilleurs projets seront compilés dans un livre banc mettant en avant les bonnes pratiques.
Pour ma part, j’ai choisi de participer à un sujet qui me tient particulièrement à cœur : l’insertion professionnelle des jeunes diplômés. J’étais très enthousiaste à l’idée de pouvoir partager mes idées sur le sujet et surtout écouter celles des autres pour construire une réflexion cohérente.
Malheureusement, mon expérience n’a pas été très concluante. Le projet menée par une femme assez jeune et son frère a rassemblé pas mal de personnes différentes mais il n’y a pas eu de collaboration ni de travail d’équipe. Dès le départ il était dit qu’il n’y aurai pas de réunion “live” pour ne par alourdir l’emploi du temps. Mais sans ça, difficile d’insuffler un esprit d’équipe et un dialogue constructif qui permette d’arriver à un travail complet. A moins que le porteur de projet ait une âme de manager et porte son projet à bout de bras. Ce qui n’a pas été le cas ici. Le seul acte de management que je retiendrai de la porteuse de projet a été de dire la première semaine “Je virerai du projet toute personne qui n’aura rien écrit à la fin de la semaine”. A-t’on suivi le même cours sur le management et les RH ?????
D’autres projets se sont beaucoup mieux déroulés et j’attends la sortie du fameux livre blanc avec impatience. Je suis déçue de ne pas avoir plus avancé que ça sur le sujet que j’avais choisi. Avis à mes lecteurs. Si parmi vous, certains font partie de structures sur le sujet ou ont un projet concret, contactez-moi !
Ce laboratoire est dans tout les cas une très bonne idée et a été bien animé par l’équipe du MOOC.

L’étude de cas finale : L’examen final n’est pas constitué d’un QCM mais d’un QRC pour “Questionnaire à Réponse Courte”. L’EFC nous propose une étude de cas scénarisée où l’on incarne une responsable RH qui fait face à différents problèmes. A travers 6 questions, nous sommes amenés à reprendre les éléments du cours pour les appliquer à un cas concret et intéressant. Les réponses attendues étaient limitées à une quinzaine de lignes.
J’ai réalisé le travail en 1h30 environ. J’ai apprécié l’énoncé et ce qu’on nous proposait de faire à travers les questions.

Les mauvais points du “MOOC RH”

Les lives : Je met les lives en mauvais point car il n’y en a eu que 2 : un au début (semaine 2) et un à la fin. L’intention est bonne et ceux qui ont été réalisés étaient utiles et intéressants. Il ne manque plus qu’à en faire un par semaine pour passer dans la catégories “bons points” de cette chronique.

La correction par les pairs : La correction par les pairs est un exercice très courant dans les MOOC qui proposent autre chose que du QCM à correction automatique. C’est un exercice qui permet de se positionner autrement et de prendre du recul par rapport au cours et à son propre travail.
Ce qui a été proposé par l’EFC ici était très déroutant. Oublié les barèmes et les notes. Une aide à la correction plutôt sommaire est fournie et précise qu’elle est “non exhaustive”, ce qui laisse une grosse marge d’appréciation au correcteur. Par ailleurs, quel que soit le nombre de points que vaut la question (10, 25…), la seule chose qui est demandé au correcteur est de compter le nombre de concept et d’indiquer s’il y en a aucun, 1, 2, 3, ou 4 et +. Le correcteur n’a donc pas la main sur la note chiffrée et ne peut pas la moduler en fonction d’autres critères comme la qualité du travail, l’expression écrite… Comment est calculée la note finale pour chaque question ? Mystère et boule de gomme…
Par ailleurs, impossible d’écrire un commentaire au corrigé pour donner une appréciation, ce qui est dommage.
Mais j’ai lu dans les forums que la remarque avait été faite et prise en compte par l’EFC qui le mettra en place pour son prochain MOOC.

Conclusion

J’ai eu un vrai plaisir à suivre ce MOOC de bout en bout. J’ai appris bien plus que ce que je ne pensai au début et ça me sera utile pour la suite. D’ailleurs, dès la première semaine, des personnes ont témoigné de l’aide que leur avait apporté le cours pour réussir un entretien d’embauche ou autre. C’est donc une expérience très positive que nous avons vécu en tant qu’apprenant. Le MOOC a été bien mené, bien animé.

Pour une première tentative de l’EFC, c’est une très belle réussite. Si j’ai bien compris, il y a aura d’autres MOOC et j’en suis ravie. Il ne fait pas de doute que je les suivrai avec attention.

Il y aurait de nombreuses pistes d’amélioration, notamment l’animation de communautés sur les réseaux sociaux (pages dédiées sur G+, Facebook, Twitter) ou encore une meilleure transparence de l’évaluation par les pairs.

Mais je tiens à féliciter l’EFC qui a proposé un cours de grande qualité. Merci à eux et à tous les intervenants.

Comprendre le transmédia storytelling : Le MOOC pour comprendre un peu mieux les médias

A la recherche de nouveaux MOOC à suivre sur FUN, j’en remarque un qui attire mon attention “Comprendre le transmédia storytelling” produit par l’université Bordeaux Montaigne. J’ai déjà vu des MOOC sur ce sujet sur d’autres plateformes (notamment IonisX) mais je n’ai pas pu les suivre. Celui-ci n’a pas encore commencé. L’occasion est trop belle, je m’inscris.

Organisation du MOOC

Le MOOC a débuté le 12 janvier et se déroule sur 6 semaines.

Il s’organise de la façon suivante :

  • Les vidéos de cours
  • Les quizz
  • Les activités créatives obligatoires
  • Le forum

Il s’agit de la deuxième édition de ce MOOC

Le déroulement du MOOC

Les thématiques hebdomadaires du MOOC sont les suivantes :

  • Transmédia et télévision
  • Transmédia et bande dessinée
  • Publicité et marques
  • Transmédia et cinéma
  • Jeux vidéos
  • Culture fan et culture geek

Le MOOC est porté par Mélanie Bourdaa. Elle est accompagnée par les personnes suivantes :

  • Arnaud Hacquin
  • Nicolas Labarre
  • Eric Viennot
  • David Peyron

Les semaines 1, 2, 4 et 6 sont animés par les enseignants de l’université : Mélanie Bourdaa, Nicolas Labarre et Davis Peyron.
Les semaines 3 et 5 sont animés par les professionnels Arnaud Hacquin (Le jardin des marques) et Eric Viennot, concepteur professionnel de jeux vidéos. Ces cours là se déroulent sous forme d’entretien.

Un MOOC pour décrypter les médias modernes et leur évolution

En arrivant, je ne savais pas trop à quoi m’attendre car je n’avais aucune idée de ce qu’était le transmédia storytelling. Dès la première vidéo, j’ai accroché. Comment ne pas accrocher quand la première vidéo parle d’une série que j’adore (Série Castle, diffusée sur France 2) ?

Chaque semaine va au bout de son sujet de façon ludique et intéressante. La force de ce MOOC est d’aborder le sujet de façon très concrète à travers des choses que nous connaissons tous plus ou moins : les séries TV, le cinéma, le jeu, les marques…
C’est aussi peut-être sa faiblesse, les personnes les moins gourmandes en consommation de produits culturels et médiatiques auront peut-être pu se sentir lésées suivant la semaine.

L’ensemble est plutôt bien construit et je n’ai jamais eu de difficultés à suivre le cours. Par ailleurs, il est bien accompagné de nombreuses ressources documentaires et d’un forum où les échanges sont intéressants.

Les activités créatives obligatoires s’appuient sur la correction par les pairs. Pour ma part, je n’ai pas eu de difficultés ni à corriger, ni avec les personnes qui m’ont corrigée, mais les réclamations sont assez nombreuses sur le forum. A mon avis, une des difficultés est qu’il n’est ni possible de revenir sur une notation une fois attribuée ni de contacter un correcteur pour demander des explications.
Cette possibilité d’échanges entre correcteurs existent dans d’autres MOOC via les messageries internes. Mais FUN ne dispose pas de cette option, ce qui est fort dommage.
Du coup, la moindre difficulté se transforme en message de mécontentement sur le forum.

Arrivée à la fin de ce cours, j’en retire le sentiment d’avoir ouvert une vraie fenêtre sur la façon dont je consomme les médias et dont ces médias évoluent. Ce MOOC met en lumière de façon assez simple la façon dont l’univers du divertissement évolue et comment le consommateur est happé dans de nouveaux modes de consommation des contenus médiatiques.
J’ai me suis même surprise à me dire, devant une publicité télévisée, “hum, leur stratégie transmédia est intéressante”…
Voilà donc la preuve de l’efficacité de ce MOOC.

Les bons points de ce “MOOC Transmédia”

Un cours dynamique : Je l’ai déjà dit plus haut. Ce cours est intéressant et bien construit. Conforme à ce qu’on attend dans un bon MOOC. Les vidéos sont de bonne facture, jamais trop longue. Les intervenants ont un débit de parole ni trop lent ni trop rapide. J’ai pu prendre des notes sans mettre la vidéo en pause ni m’ennuyer, sauf pour la dernière semaine où le débit de David Peyron est plus élevé que la moyenne. Cela n’enlève rien à son cours qui était fascinant. Je pense le faire passer à certaines de mes connaissances pour qui “trainer sur les réseaux sociaux un peu trop, c’est un truc de geek”. Sacrilège…
Ma seule critique sur les vidéos de cours de ce MOOC s’adresse aux professionnels qui sont intervenus et en particulier Arnaud Hacquin. Si le propos est tout à fait intéressant, l’usage d’un vocabulaire “professionnel” peut être déroutant. Il m’a fallu plusieurs minutes pour comprendre ce qu’était un “device”. Disons qu’il s’agit du support de consommation (TV, PC, smartphone…). Une phrase d’explication pour que tout soit clair n’aurait pas été de trop. Enfin, je chipote.

Les ressources complémentaires : Elles ont été nombreuses, jamais trop longues à consulter et toujours pertinentes. Elles permettent d’avoir un complément du cours pertinent et accessible.
Souvent dans les ressources complémentaires était ajouté un glossaire avec une définition des termes clés du cours. Voilà quelque chose de vraiment génial et que tout les MOOC devraient adopter.

Le Wiki : Il est traditionnel dans un MOOC de proposer une retranscription collective des cours. Pour ce MOOC transmédia, le système de partage de note par wiki a été mis en place peu après le début du MOOC. Je le met en bon point car c’est un élément traditionnel des MOOC mais je constate qu’il n’a pas eu beaucoup de succès. J’ai eu le plaisir de partager 95% de mes notes de cours et souvent tout à la fin de la semaine. Du coup, je me demande pourquoi les apprenants pourtant nombreux et actifs ne se sont pas saisis de cet outil alors que dans d’autres MOOC c’est quelque chose qui fonctionne très bien.

Les activités créatives : Le MOOC propose 4 activités créatives qui jalonnent le parcours. Pour obtenir l’attestation de suivi, en plus des quizz, il faut avoir réussi 3 de ces activités. On retrouve des activités créatives sur les semaines 1, 2, 4 et 6. L’objectif de ces activités est d’imaginer une stratégie transmédia pour une série TV, un film, identifier une stratégie transmédia appliquée à la BD ou encore faire le portrait-robot d’un geek de fiction issu d’un film ou d’une série TV.
J’ai fait les activités pour les semaines 1, 4 et 6. J’ai sauté l’activité sur la BD qui est un univers qui ne me parle pas du tout (en dehors du manga).
Des activités ludiques et laissant une liberté à l’apprenant qui pouvait choisir le film, la BD ou la série qui lui plaisait. En correction, cela permet de découvrir aussi des séries ou des films que l’on ne connait pas.

Les mauvais points de ce “MOOC Transmédia”

Les quizz : Quand on arrive sur le MOOC, on peut lire que pour le valider, il faut obtenir 80% aux quizz et réaliser 3 activités sur 4. Ma première réaction a été de me dire que la marche serait sûrement un peu haute. Mais en fait, les quizz dans ce MOOC tiennent du tout et n’importe quoi.
Il y a un quizz par vidéo avec la plupart du temps 1 à 3 questions. Il est possible de réaliser le quizz autant de fois que l’on veut.  Le nombre de questions sous les vidéos n’est pas important en soi. Mais bloquer le nombre de tentatives de réponse à 1 ou 2 me semble nécessaire pour assurer la crédibilité de l’évaluation.
Le MOOC ne compte pas de quizz final. Ce qui est un peu dommage.

L’animation en fin de MOOC : L’animation du forum a été dynamique tout le long du MOOC. Chaque semaine, l’équipe pédagogique épinglait des sujets pour échanger autour des cours et des activités créatives.
Cette façon de faire est nécessaire tant les forums de discussion sur FUN/OpenEdX sont mal fichus et peu ergonomiques. Mais la semaine 6 a été abandonnée, pas de sujet d’approfondissement et un sujet sur l’activité créative posté en fin de semaine après ma demande en ce sens sur Twitter.
Les apprenants ont aussi déserté les forums de cette semaine 6 portant sur les Geeks. Peut-être que la thématique intéressait moins… c’est fort dommage.
Dans le tableau de bord de FUN, le MOOC est affiché comme terminé dès le 20 février alors que nous avons jusqu’au 25 février pour réaliser l’activité créative de la semaine 6 et jusqu’au 1er mars pour faire la correction par les pairs.
Cela accentue encore l’impression de désertion de ce MOOC. Si certains ont déjà réalisés toutes les activités créatives nécessaires à l’obtention du certificat, je vous avoue que je me sens bien seule en réalisant la mienne.

Il est vrai qu’il est difficile de garder les apprenants sur le MOOC une fois le cours terminé. Pour ceux qui étaient intéressés par le sujet et qui ne feront pas d’autres MOOC, rester n’a plus grand intérêt, surtout s’ils ont réalisés toutes les activités créatives.
Pour ceux qui ont terminé et qui iront vers un autre MOOC, l’offre est tellement pléthorique qu’un MOOC chasse l’autre. Pas besoin de s’attarder là alors qu’un autre tout aussi intéressant est sur le point de commencer.

Conclusion

J’ai eu un vrai plaisir à suivre ce MOOC jusqu’au bout. Je le conseillerai à tout les mordus de médias qui veulent en apprendre plus sur la sauce à laquelle ils sont mangés par les producteurs de contenus (producteurs de films, publicitaires…)

De nombreuses pistes d’amélioration sont possibles : quizz, évaluation par les pairs, animation…

Mais ce MOOC est une vraie réussite pour rentrer facilement et de façon ludique dans un sujet aussi vaste et aussi complexe que le transmédia. Pour ma part, j’ai bien envie de poursuivre mon exploration du sujet à travers d’autres MOOC ou la lecture des livres de Mélanie Bourdaa, Henry Jenkins (le DIEU du transmédia storytelling) ou d’autres auteurs ayant écrit sur le sujet.

Tous mes remerciements à l’ensemble de l’équipe du MOOC : Mélanie Bourdaa et tous les autres intervenants, les animateurs de la communauté et ceux qui ne sont pas en première ligne. En route vers une 3ème session ?

Introduction à l’économie de l’innovation : Le MOOC pour les débutants….qui finit par l’oublier.

Me voilà lancée fin octobre dans le MOOC sur l’économie de l’innovation. Un vaste sujet autour d’un concept passe-partout et utilisé à toutes les sauces : l’innovation. Ma curiosité m’amène à commencer ce cours, en espérant qu’à la fin j’y verrais un peu plus clair sur ce qu’est vraiment l’innovation.

L’organisation du MOOC

Le MOOC se déroule sur 7 semaines avec un seul tronc commun. C’est le plus long des MOOC que j’ai suivi jusqu’à présent et à mon sens, une durée maximale pour un MOOC dit “académique”.

Le cours est porté par le Professeur Claude Dupuy de l’université de Bordeaux. Il est entouré d’autres enseignants de cette même université.

Le MOOC lui-même est articulé autour de plusieurs éléments très classiques :

  • Un tronc commun de 7 semaines comprenant des vidéos des cours.
  • Des quizz : un quizz par vidéo sauf pour la semaine 7 qui ne contient qu’un quizz pour 3 vidéos.
  • Un forum
  • Les lives hebdomadaires

Il est indiqué que le MOOC est ouvert à tous sans pré-requis et réclame 2h à 3h d’investissement par semaine. Cela correspond à ce que je cherche et à mon niveau.

Le déroulé du MOOC

Les thématiques hebdomadaires du MOOC sont les suivantes :

  • Semaine 1 : Qu’est-ce que l’innovation ? Pourquoi innover ?
  • Semaine 2 : Comment s’approprier l’innovation ?
  • Semaine 3 : Entreprise et innovation
  • Semaine 4 : Innovations et marchés
  • Semaine 5 : La diffusion de l’innovation
  • Semaine 6 : Les lieux de l’innovation
  • Semaine 7 : Les politique publiques de l’innovation

Les enseignants sont :

  • Claude Dupuy
  • Francesco Lissoni
  • Jean-Bernard Layan
  • Matthieu Montalban

Un début concret et intéressant

Le MOOC commence par la base de la base : la définition de l’innovation. Les cours sont clairs, l’enseignant audible. La qualité de la vidéo est au rendez-vous. La tête de l’enseignant apparait en haut à gauche de la vidéo et sous nos yeux se déroule un powerpoint suivant les éléments de cours énoncés.

Les 4 premières semaines sont un plaisir à suivre. Les cours sont intéressants, pas trop compliqués et portent parfois sur des thèmes que je connais de par mon parcours universitaire (semaine 2 par exemple).

Les lives permettent d’échanger avec les enseignants, de revoir certains points de cours.

Dès le début, l’enthousiasme des différents professeurs est très présent et il se communique aux apprenants.
L’enthousiasme se manifeste à travers un environnement autour du MOOC bien pensé et qui s’enrichit de semaine en semaine. Ainsi, la création de comptes Scoop-it par le Professeur Dupuy permet de partager du contenu autour des thématiques du MOOC :

Un compte Pearltrees (partage de signets) a aussi été créé pour partager du contenu avec les apprenants qui seraient sur ce réseau :

Ces premières semaines sont une occasion d’en apprendre plus sur la guerre des brevets, le financement de l’innovation ou encore sur les structures qui permettent d’innover.

Beaucoup de ces sujets font l’objet d’un traitement médiatique plus ou moins important, ce qui augmente l’intérêt du cours.

Une fin de MOOC complexe et très théorique

Les semaines 5 et 6 sont assurées par Francesco Lissoni dont les origines italiennes ne font aucun doute. Elles portent sur la diffusion de l’innovation et les lieux de l’innovation. On est déjà dans un sujet bien plus avancé que la guerre des brevets. Les thèmes abordés sont assez théoriques. Les vidéos de cours abordent souvent plusieurs auteurs ou penseurs et plusieurs concepts, par exemple “Path dependency et New Economic Geography” (semaine 6).

Le cours est bien plus difficile à suivre que les semaines précédentes pour plusieurs raisons :

  • Les vidéos sont parfois assez longue et le cours très (trop ?) dense.
  • L’accent de l’enseignant est très prononcé et il est parfois difficile de comprendre certains mots. Le recours à la retranscription écrite du cours est alors indispensable.
  • Monsieur Lissoni parle beaucoup trop vite la majeure partie du temps.
  • Je n’ai aucunes compétences dans ce domaine et les concepts présentés m’échappent parfois. Je vais alors faire des recherches sur internet pour essayer de comprendre là où on veut m’amener.

Si la première moitié du MOOC portait sur des sujets médiatiques (qui est passé à côté de la guerre des brevets ?!), la seconde moitié rentre dans le dur de la matière. Déjà, la semaine 4 augurait une progression dans la difficulté. Les thèmes de la semaine 5 et 6  laissent peu de place aux exemples concrets qui permettraient de rattacher le cours à des choses qui parlent à tout le monde… à part l’exemple de la Silicon Valley, souvent cité par le professeur. J’entends le professeur Dupuy dire dans le live de la semaine 7 qu’il faut bien en passer par des choses moins rigolotes et plus théoriques pour bien comprendre une matière, mais il y a quand même un juste milieu à trouver, surtout dans un MOOC.

J’en suis alors à un moment du MOOC où je rame beaucoup dans la compréhension du cours et où je me force à le terminer. En plus, j’ai pris du retard dans le suivi du cours et j’en suis à la semaine 5 alors que le MOOC vient de se terminer officiellement. Faire les choses à moitié sans faire de mon mieux pour les terminer n’est pas dans mon caractère. Donc je poursuis le cours, vidéo après vidéo.

La dernière semaine arrive enfin. On y parle des politiques de l’innovation et surtout de systèmes d’innovation (national, sectoriel et régional). J’avoue que je m’attendais à autre chose dans cette semaine, comme des exemples concrets de politiques d’innovations françaises et étrangères. L’absence d’exemple concrets rend plus difficile la compréhension du cours. Si des éléments sont disponibles en ressources complémentaires, j’aurai bien vu ici une vidéo supplémentaire explicitant 2 ou 3 politiques d’innovations (européennes, nationales, régionales… )

Le MOOC se termine de façon assez brutale. Il n’y a pas de quizz final, ce qui est assez atypique. En même temps, je finis ce MOOC avec 57 pages de notes de cours, ce qui est mon record absolu depuis que je prends des notes sur les MOOC que je suis. Je suis contente de ne pas avoir à les relire pour faire un quizz final. Je finis le MOOC avec un total de 94% basé uniquement sur les quizz des vidéos.

J’aurais aussi aimé pour finir, une vidéo qui rappelle toutes les notions du cours et les mettent en perspective.

Les bons points de ce “MOOC Innov”

L’environnement du MOOC : Ce MOOC a été enrichissant du début à la fin malgré les difficultés que j’ai pu y rencontrer. Je ne regrette pas d’avoir investi du temps pour le suivre jusqu’au bout.
L’environnement autour du MOOC (pearltrees, Scoop-it) est très intéressant et c’est la première fois que je vois ce type d’initiative dans un MOOC. Les autres producteurs peuvent en prendre de la graine.

L’enthousiasme de l’équipe : On sent la volonté des producteurs et du professeur Dupuy de se lancer à pieds joints dans l’aventure MOOC en partant d’un MOOC académique tout en essayant de développer un aspect communautaire et un partage très fort entre les apprenants. L’enthousiasme de l’équipe enseignante est fort et porte le MOOC.
Cela compense sans doute l’absence de parcours pédagogique dédié comme peut l’être le parcours par équipe du MOOC “ABC de la gestion de projet” de l’Ecole Centrale de Lille.
L’équipe encadrante du MOOC, enseignants comme animateurs de communauté, sont bien présents sur le forum et participent à la dynamisation des échanges.

Les lives : Les lives sont un rendez-vous incontournable et plutôt agréable. Ils ont eu lieu tous les jeudi. Malheureusement, je n’ai pu en suivre aucun en direct, mais je les ai tous regardé. Les sessions étaient animées par le professeur de la semaine. Le professeur prends le temps de répondre aux questions posées sur le forum, développer des points de cours qui ont posé problème et échanger avec les apprenants. On retrouve dans les lives des exemples concrets reliés au cours, des choses qui parlent plus. Pour cela, le live de la semaine 7 est un exemple frappant.

Les mauvais points de ce “MOOC Innov”

J’ai presque de la peine de devoir tempérer mon enthousiasme tant les intentions sont bonnes dans ce MOOC. Mais il y a encore matière à progresser.

La scénarisation des vidéos de cours : On a très souvent l’impression dans ce parcours que les vidéos sont des redites plus ou moins condensées de cours d’amphi. Les vidéos sont parfois très longues (dans toutes les semaines). Une vidéo dépasse même les 30 minutes.
Comme je l’ai dit plus haut, les cours des dernières semaines sont théoriques et complexes. Au plus les vidéos sont longues et au plus j’ai du mal à comprendre les concepts. Il est, à mon humble avis, nécessaire de remettre à plat tout le cours, pour créer des vidéos de 10 minutes maximum qui ne présentent pas plus d’un concept ou d’un auteur. Le cours gagnerait à être plus concis.

Les présentations “powerpoint” : Chaque enseignant réalise son “ppt” et son cours, il y a donc des différences d’un enseignant à l’autre. Mes critiques s’adressent surtout aux semaines 5 et 6, mais peuvent s’étendre à d’autres semaines. Les ppt sont souvent des pavés où chaque point fait plusieurs lignes. Les informations écrites sont énoncées de façon différentes par le professeur. Tout cela crée de la confusion. L’oeil est attiré par tout ce qui est écrit et l’attention baisse. Il faut alors revenir en arrière pour réécouter le bout de cours. Si le PPT doit être un appui visuel pour comprendre les éléments du cours, il ne doit pas être une gêne ou une répétition du cours. Pour cela, il y a la retranscription écrite.
Par contre, les noms des auteurs mentionnés à l’oral ou certains mots complexes sont souvent oubliés ou pas assez mis en avant.

Les ressources complémentaires : Dès la première semaine, les ressources complémentaires mises à disposition des apprenants sont nombreuses. Des vidéos, des articles… Je passe beaucoup de temps à les lire et je le fais avec plaisir.
Mais très vite, notamment sur la seconde moitié du cours, les ressources complémentaires proposées sont quasi-exclusivement des articles (souvent en anglais) publiés dans des revues scientifiques ou spécialisées. Je suis vraiment très déçue car je n’ai aucune idée d’où je pourrais trouver ces ressources. Il n’est absolument pas mentionné où on pourrait trouver l’International Journal of Technology Management par exemple. Et ayant passé très longtemps sur les bancs de l’université, je sais par expérience que les articles publiés dans ce type de revues ne sont pas du tout destinés à un public débutant ou néophyte. Ce sont souvent des articles écrits par des experts pour d’autres experts.
Pourquoi des publications très spécialisées et introuvables pour le commun des mortels sont-elles cités dans ce MOOC ?
Les pages wikipédia des auteurs cités ou des articles bien plus abordables sur les concepts de cours auraient pu être cités en ressources complémentaires. J’en ai moi-même trouvé quand je faisais mes propres recherches.
On retrouve dans la semaine 7 des ressources cliquables très intéressantes et pas trop compliquées d’accès pour le débutant.

La communication et l’accompagnement : C’est très bien d’avoir l’idée de créer des choses pour enrichir l’environnement de son MOOC, c’est encore mieux de le faire. Mais pourquoi se donner du mal si c’est pour mal le communiquer ? Pour rédiger ce billet, j’ai voulu rassembler les ressources et les petites choses que j’avais trouvé bien : compte pearltrees, compte scoop-it… et là, impossible de trouver les liens. Pearltrees est mentionné dans l’onglet “Info cours” de FUN, mais seul un lien vers le site de pearltrees est mentionné. Peut-être le lien exact du compte ouvert par l’équipe encadrante est-il donné dans le forum… je ne sais pas et je n’ai pas le temps de chercher.
J’apprends en écoutant le live de la semaine 7 que de nombreux comptes scoop-it ont été créés. J’en ai été resté à 4 et je n’ai trouvé le lien que des 2 premiers créés pour partager ici.
Il aurait été tout à fait intéressant de clore le MOOC par un post dans “Info Cours” qui aurait rassemblé tous les comptes réseaux sociaux, curation et partage de signets avec les liens exacts. Cela aurait permis aux apprenants de garder une trace du MOOC bien après sa fermeture et de continuer à échanger avec l’équipe… pour peu qu’elle le souhaite.

Conclusion

Pour conclure, je souhaite d’abord féliciter les producteurs de ce MOOC : toute l’équipe technique qui a fait un très bon travail et les enseignants qui se sont relayés pour faire les cours. Produire un MOOC n’est pas anodin, on sait que c’est un engagement humain et financier très fort. Le défi est relevé, pour une première session c’est déjà pas mal du tout.
J’apprends dans le live de la semaine 7 que ce MOOC repartira en octobre 2015 et qu’un autre MOOC est en phase de gestation. J’en suis ravie et j’espère que les producteurs amélioreront ce MOOC qui le mérite largement. Il serait intéressant de proposer d’autres activités en dehors du forum, pourquoi pas un parcours avancé avec un devoir à rendre. Et surtout, la mise en place d’un quizz final me parait essentielle.
Les producteurs devront à mon avis prendre une décision : Soit garder le cours tel quel et le destiner à un public plus averti ou le maintenir “ouvert à tous” et repenser le cours pour l’alléger et ne pas oublier que le débutant, par définition, n’y connait pas grand chose au sujet.

A l’heure où j’écris ces lignes, j’ai regardé toutes les vidéos, fait tous les quizz mais il me reste de nombreuses ressources complémentaires (je parle des cliquables) que je n’ai pas lu et que je n’ai pas le temps de lire en ce moment. Je reviendrai avec plaisir à la prochaine session pour continuer à apprendre sur l’économie de l’innovation et refaire les cours que je n’ai pas compris.

Si vous, chers lecteurs, avez aussi suivi ce MOOC et que vous avez une opinion différente de la mienne, n’hésitez pas à me le dire en commentaire !

Cet article n’a pas vocation à être méprisant envers qui que ce soit, je partage juste mon expérience en racontant les choses telles que je les ai vécues. J’espère ne heurter personne.